Depuis plusieurs semaines, la qualité des relations entre Washington et Caracas se détériore de manière significative.
Nicolás Maduro, au pouvoir depuis 2013, est un dirigeant vivement critiqué par les États-Unis, qui dénoncent son autoritarisme, la corruption du régime et la fraude électorale (sources : rapports du département d’État américain et communiqués de l’ONU). Le Venezuela est ainsi dirigé par un régime considéré comme corrompu et reposant sur un système électoral contesté : lors de la dernière élection présidentielle de 2024, seules la Chine (Xi Jinping) et la Russie (Vladimir Poutine) ont félicité Maduro pour sa réélection, tandis que l’Union européenne, les États-Unis et de nombreux pays du continent américain ont dénoncé des élections truquées.

Le pays compte environ 28 millions d’habitants et dispose d’un territoire comparable à la France et à l’Allemagne réunies. Il possède d’importantes ressources pétrolières, notamment offshore, qui constituent 95 % de ses revenus et représentent 25 % de ses exportations. Cette dépendance rend l’économie vénézuélienne particulièrement vulnérable à la volatilité des cours du pétrole et aux sanctions internationales. Les infrastructures pétrolières, en grande partie vétustes, illustrent l’absence de diversification économique depuis plusieurs décennies.
Cette situation s’inscrit dans une crise systémique majeure. Entre 2013 et 2022, le PIB s’est effondré d’environ 80 %, tandis que les meurtres et arrestations arbitraires se sont multipliés, reflétant un durcissement autoritaire du régime de Maduro et aggravant l’isolement international du pays.
Depuis l’automne 2025, les relations entre les États-Unis et le Venezuela se sont fortement dégradées. Le 24 octobre 2025, Washington a déployé le porte-avions USS Gerald R. Ford et son groupe aéronaval dans les Caraïbes sous l’autorité du U.S. Southern Command, officiellement dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic, marquant une intensification sans précédent de la présence navale américaine dans la région.

À partir de décembre 2025, cette escalade s’est traduite par un blocus naval, la saisie de pétroliers accusés de contourner les sanctions américaines, puis par des frappes terrestres confirmées par Donald Trump le 29 décembre 2025 contre des infrastructures présentées comme liées aux cartels de la drogue. Caracas dénonce une atteinte à sa souveraineté, tandis que Washington n’a pas rendu publiques de preuves établissant la nature criminelle des cibles visées. Cette dynamique accroît les tensions régionales et pose à la France et à l’Union européenne la question de l’articulation entre lutte antidrogue, respect du droit international et stabilité régionale.
Le 3 janvier 2026, vers 3h-4h (heure locale), les États-Unis ont mené des frappes aériennes sur Caracas et sur d’autres régions du Venezuela, suivies d’une opération des forces spéciales ayant conduit à la capture et à l’exfiltration du président Nicolás Maduro et de son épouse. Donald Trump a confirmé l’opération. En l’absence du chef de l’État, la vice-présidente a assuré l’intérim, tandis que les autorités vénézuéliennes dénoncent une agression militaire et réclament des preuves de vie.
Cette intervention s’inscrit dans une escalade amorcée depuis la fin août, marquée par plus de vingt frappes américaines contre des cibles vénézuéliennes liées au narcotrafic et par un renforcement militaire américain dans les Caraïbes (porte-avions, navires de guerre, avions de chasse). Elle est comparée à l’intervention américaine au Panama en 1989 et interprétée comme un signal régional et international, traduisant une remise en cause du droit international au profit d’une logique de rapport de force, à l’égard d’un régime qui n’avait pourtant été plébiscité que par Moscou et Pékin.
L'affaiblissement généralisé du droit international, une quête électoraliste basée sur la chasse aux narcotrafiquants, la crainte de voir le Venezuela basculer définitivement dans l'escarcelle chinoise (Pékin est d'ores et déjà le premier partenaire économique de Caracas) ainsi que la volonté de livrer une guerre idéologique à l'extrême-gauche constituent autant d’éléments essentiels à prendre en compte pour analyser l’action des États-Unis.
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